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La presse relaie la Lettre ouverte de Sylvie Genevoix

Maurice Genevoix mérite d’entrer au Panthéon – article publié dans L’Union du lundi 30 janvier 2012.

Si le 11 novembre 2014, l’Académicien fait son entrée dans le temple de la République, la génération d’aujourd’hui se rassemblera autour de l’écrivain le plus poignant ayant témoigné sur la Grande Guerre.

COMMENT l’historien peut-il rester silencieux lorsqu’il apprend que le maire de Verdun, dans une lettre ouverte s’élève contre le rapport remis au président de la République sur la commémoration du centenaire de la Première Guerre mondiale et met en cause le bien fondé du transfert des cendres de Maurice Genevoix le 11 novembre 2014 au Panthéon ?
Joseph Zimet a fait des propositions au chef de l’Etat et elles sont le fruit d’une réflexion éclairée par un travail sur le terrain et l’écoute des meilleurs spécialistes de la Grande Guerre. On comprend que l’initiative de cet élu local meusien cause un émoi partagé par ceux qui ont le souci d’aider à comprendre ce conflit terrible et d’interpeller les jeunes générations en les aidant à approcher l’histoire vraie de leurs aînés.

La force de l’écrit

Comment ne pas être en phase avec l’émotion exprimée avec style et profondeur par Sylvie Genevoix, fille du lieutenant Maurice Genevoix, officier au 106e régiment d’infanterie de Châlons-sur-Marne et qui a versé son sang sur les Côtes de Meuse avant de restituer avec une lucidité magnifique, l’effrayante violence d’un champ de bataille empourpré par les blessures, assombri par le râle des agonisants, bouleversé par les corps désarticulés des morts ? « J’aurais pensé que le maire de Verdun était de tous les élus de notre pays le mieux placé, le mieux informé pour comprendre et dire aux Français ce que mon père avait apporté d’essentiel à la mémoire de tous les combattants de la Grande Guerre. Il leur a donné un livre que vous avez lu et qui est dans votre bibliothèque, j’en suis persuadé. Il s’appelle « Ceux de 14 » et commence avec « Sous Verdun », écrit Sylvie Genevoix.

La puissance du témoignage chez celui qui a été un Académicien, secrétaire perpétuel de l’estimable Compagnie, conduit le lecteur à rejoindre le soldat au cœur du combat dans ses questionnements les plus abrupts dans le paysage de la guerre totale. Alors il approche l’horreur du quotidien vécu par ceux dont un peu de leur sang coule dans ses veines maintenant. « Comme tous les hommes qui ont fait cette guerre mon père est resté marqué à vie par l’expérience des tranchées, de la souffrance et de la mort de masse. Toute sa vie, il a témoigné, tenté de transmettre l’intransmissible, de dire l’indicible ».

Le maire de Verdun peut-il oublier que ce sont les camarades de Genevoix qui l’ont porté à la présidence du mémorial de Douaumont qu’il a inauguré en 1967 ? Peut-il faire l’impasse sur le fait que le général de Gaulle lui a confié la mission de parler au nom des anciens combattants de 14-18 lors de la cérémonie du cinquantenaire de l’offensive de la Victoire le 18 juillet 1968 à la butte Chalmont ? Le maire de Verdun a-t-il pris le temps de lire cet ouvrage poignant d’un authentique écrivain Michel Bernard intitulé « Pour Genevoix » paru à l’automne chez « La Table Ronde » ? Peut-être n’aurait-il pas adopté une position qui plus que surprendre, blesse ceux pour qui le devoir d’histoire fait corps avec l’idée qu’ils se font de la France.

Patriote admirable

« Ne vous méprenez pas avec la poussière de ce que fut mon père et que l’on transférera peut-être du cimetière de Passy dans le temple glacé de la République. Ce n’est pas l’âme de Maurice Genevoix qui entrera au Panthéon. Son âme, je l’ai sous les yeux en vous écrivant, elle est sur la Loire et dans ces chants d’oiseaux qu’il savait tous nommer. Elle est aussi devant vous, sur ces côtes de Meuse où il a été blessé et où il a vu tant de ses camarades mourir silencieusement. Il les a aimées comme une deuxième patrie. Je crois que de votre terre personne n’a mieux parlé que lui » écrit encore Sylvie Genevoix. Comment ne pas partager la pertinence de cette lettre écrite avec le cœur et en vérité ?

Il faut qu’aujourd’hui Châlons-en-Champagne, ville qui ne peut biffer de sa mémoire collective l’histoire du 106e RI encourage l’entrée des cendres de Maurice Genevoix au Panthéon, ce temple de la République. Il faut que les Marnais se lèvent et le disent. Il ne s’agit pas d’exiger un privilège mais de reconnaître Genevoix ce grand homme, ce géant de l’écriture, ce patriote admirable, comme un Républicain qui fait signe à la France, éternellement.

La génération de maintenant doit en témoigner en reconnaissance à celle d’hier évanouie dans la poussière du temps mais qui vit dans nos cœurs d’aujourd’hui.

Hervé CHABAUD

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Une réflexion sur “La presse relaie la Lettre ouverte de Sylvie Genevoix

  1. mon soutien est entier mes deux grands peres ont combattu en 1914 un portaa verdunle courrier pigeon voyageur plusieurs a l assaut de douaumont notamment par chance indemne 4 ans l autre moins chanceux fut blesse aux eparges ,40ans apres:prends ma main comme maurice genevoix il m,emmenait aux invalides consulter les gueules cassees j,etais une enfant et je suis devenue medecin etrange

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