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Vient de paraître : "Le jour de deuil de l’armée française" de Jean-Claude Delhez

Un livre imposant sort de presse le 11 novembre 11 : il s’agit du tome 1 du Jour de deuil de l’armée française, écrit et publié par Jean-Claude Delhez. Quel est-il, ce jour de deuil ? C’est le samedi 22 août 1914. Ce jour-là, plus de 25.000 soldats français sont morts au combat, sur les sols français et belge. Cela représente autant de pertes que pendant les huit années de la guerre d’Algérie ! C’est la journée la plus sanglante de toute l’histoire militaire française, et l’une des plus terribles de l’histoire allemande. Parmi ces hommes tombés à jamais trois généraux, le plus jeune colonel de France, le fils unique de Foch, l’oncle de Saint-Exupéry, le cousin et l’oncle de Leclerc, l’écrivain Psichari, l’auteur du serment des Saint-Cyriens…

Rossignol, Bertrix, Longwy, Ethe, Maissin…
Avec ce nouveau livre, Jean-Claude Delhez étudie la partie centrale du front d’août 1914; elle est la plus importante et pourtant la moins connue. La plus importante car c’est là que le général Joffre avait lancé son offensive principale pour tenter de vaincre l’Allemagne au début de la première guerre mondiale. Cette partie centrale, elle court de la Meuse à la Moselle. Le 22 août 1914, quinze batailles éclatent dans cet espace, qui opposent quatre armées françaises et allemandes, c’est-à-dire un million de soldats fraîchement mobilisés pour leur baptême du feu, les pantalons rouges face aux casques à pointe. Ces batailles se succèdent sur une ligne de feu qui va de Maissin à Mercy-le-Haut, c’est-à-dire partie en France, partie en Belgique, ou encore partie en Ardenne, partie en Lorraine. Illustré d’une multitude de témoignages, le livre nous entraîne au coeur du désastre du corps colonial à Rossignol, dans le chausse-trappe de la forêt de Bertrix, auprès des fantassins parisiens coincés dans Ethe, avec les divisions lorraines de Sarrail, au sud de Longwy, dans Maissin conquis par les Bretons, aux côtés du capitaine Wachenfeld, dont la mission fait basculer le sort d’une partie du front, sur le champ de bataille méconnu de Nevraumont où le général Leblond perd une occasion unique de percer le front allemand, dans les airs avec l’aviation de reconnaissance, parmi les réseaux d’espionnage, au quartier général du Kronprinz, à Esch-sur-Alzette, à ceux des généraux français Langle et Ruffey, à Stenay et Verdun. On y lit aussi le ressenti de sans-grades de l’époque, dont certains sont passés à la postérité : Erwin Rommel, Maurice Chevalier, Manfred von Richfhofen…

Le jour de deuil de l’armée française se veut l’ouvrage de référence sur le sujet. Le tome 1, qui paraît maintenant, présente non seulement l’historique de chacune des batailles, mais aussi les conclusions particulières et générales qu’il faut en tirer. En préambule, il aborde toutes les questions nécessaires à bien comprendre le sujet, questions qui concernent la présentation des armées et le contexte du début de la guerre. Il est riche de pas moins de 672 pages – où chaque mot est pesé, chaque information vérifiée autant que possible – illustrées par 26 plans du front et des différents champs de bataille et 53 photographies d’époque. Il se termine au soir du 22 août 1914. Un tome 2 doit suivre l’an prochain qui présentera la suite des opérations et tirera toutes les conclusions, et elles sont nombreuses et inattendues, de l’échec français dans cette grande bataille.

Une histoire entièrement revue
L’auteur, Jean-Claude Delhez, a publié une quinzaine de livres d’histoire depuis bientôt vingt ans. Cinq d’entre eux étaient déjà consacrés à août 1914, recueils de témoignages et historiques des opérations de cavalerie. Cela fait quatre ans maintenant qu’il travaille d’arrache-pied à ce nouveau livre. Il a parcouru l’Europe, écumant les dépôts d’archives de Fribourg, de Paris, de Stuttgart…, mettant à jour des dossiers confidentiels restés inaccessibles depuis un siècle et d’autres revenus de Moscou il y a peu, rassemblant des centaines de livres et d’articles méconnus. Il a ainsi réuni pas moins d’un millier de références utiles – françaises, allemandes, belges, suisses, anglaises et américaines – dont il a tiré le contenu de son livre. Il a fallu traduire des centaines de documents allemands, jusque-là inconnus des francophones, et croiser les nombreuses sources afin de rétablir une histoire objective et précise des événements. L’auteur a aussi longuement parcouru le champ de bataille pour visualiser le déroulement des opérations et charpenter la conclusion tactique qu’il tire de chaque bataille. Au résultat, il obtient une étude plus complète mais aussi plus aboutie, plus éclairante que ce qui existait jusque-là; une référence durable.

Sans anticiper le tome 2, qui devrait ébranler quelques mythes, le tome 1 permet déjà de rectifier largement la vision portée sur cette bataille. C’est ainsi que l’échec français du 22 août 1914 ne tient ni à une faute du général Joffre, ni à une infériorité numérique ou matérielle des Français et encore moins à une quelconque embuscade tendue par les Allemands. Il est dû à la faillite du commandement français (le quartier général excepté) et, dans une moindre mesure, à la supériorité de l’infanterie allemande. Quant aux charges folles à la baïonnette des fantassins français contre les mitrailleuses allemandes, image la plus connue de cette période, elles n’ont tout simplement jamais existé.

Le jour de deuil de l’armée française (672 pages format 16/24) est disponible en librairie, dans la zone géographique des batailles, au prix modique, vu le nombre de pages, de 28 euros (soit 4 centimes la page…). Sinon, il peut être commandé à l’auteur. Tous les renseignements à ce sujet sur le site http://www.destabul.be/delhez.php sinon par téléphone au (00.33) (0)3.29.88.92.71.

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