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Soldats fusillés pour l’exemple: les familles attendent des excuses

Cimetière de Paschendaele, le champ de bataille le plus meurtrier de la première guerre mondiale

Cimetière de Paschendaele, le champ de bataille le plus meurtrier de la première guerre mondiale GEORGES GOBET – IMAGEGLOBE

Faut-il réhabiliter les soldats belges « fusillés pour l’exemple » au cours de la guerre 14-18 ? A l’approche des commémorations du centième anniversaire de la Première Guerre Mondiale, la question est posée. Et ces commémorations rouvrent d’anciennes blessures pas toujours cicatrisées. Les descendants des fusillés pour « manquement au devoir, mutinerie ou désertion » demandent des excuses aux autorités.

Le Parlement fédéral s’est emparé de la question. Ce mardi, la députée N-VA, Kristien Van Vaerenbergh, présidente de la Commission de la Justice de la Chambre, a annoncé vouloir sonder l’ensemble des partis démocratiques «par-delà les partis et la frontière linguistique» pour examiner si de telles excuses sont envisageables.

Durant la Première Guerre Mondiale, 222 militaires belges ont été condamnés à mort. Des condamnations qui ont réellement été exécutées douze fois. Essentiellement par balles en 1914, 1915 et 1918.

Des simulacres de procès

Et si l’on retire les condamnés pour homicides, il reste encore neuf soldats exécutés pour «manquement au devoir». Fusillés pour l’exemple par une justice militaire intransigeante. D’ailleurs, les historiens l’admettent aujourd’hui après des simulacres de procès.

Neuf soldats souvent d’origine humbles et qui ne comprenaient pas toujours ce qui leur arrivait ont été exécutés. Parmi eux: Jean Raes, cordonnier de Molenbeek, 26 ans; Victor Remy de Farciennes houilleur, 23 ans; Alphonse Gielen du Limbourg, 27 ans, père de 3 enfants (le dernier-né quatre jours avant son exécution) et enfin, Paul Vandenbosch, serrurier à Ixelles, qui a tenté quatre fois de fuir le front, visiblement ébranlé par les combats.

Sa petite-nièce, Marie-Rose Delahay, ne l’a jamais connu mais aujourd’hui, elle se bat pour sa mémoire: « Les autres ont des croix avec leur nom dessus. Ce sont des héros. Pourtant eux aussi étaient des héros, autant que les autres. Paul, lui, est devenu malade, mais d’une maladie qu’on ne reconnaissait pas à l’époque. On ne parlait pas encore de tout ce qui était psychique. Maintenant on comprend et c’est une raison de plus pour présenter des excuses pour que la famille puisse enfin avancer. Qu’ils ne soient plus considérés comme des criminels ».

D’autres pays ont déjà présenté leurs excuses

Elle fait partie de ces neuf familles qui demandent aujourd’hui des excuses aux autorités belges. Excuses qui ont été faites en Grande-Bretagne en 2000 et en Nouvelle Zélande en 2006. La France, elle, l’envisage prochainement.

Et chez nous? Marie-Rose Delahaye espère un geste des autorités, le gouvernement, le Premier ministre et pourquoi pas le Roi? Après tout, il y a 100 ans c’est le roi Albert Ier qui rejetait les recours en grâce de ces condamnés-là.

Cindy Ferrière et Fabien Van Eeckhaut

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