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L’historial de Péronne pense les cicatrices de la Grande Guerre

Si vous n’avez pas rempli votre devoir de citoyen le 11 novembre, il n’est pas trop tard pour vous rattraper. Le musée de la Première Guerre Mondiale de 14-18 fête ses 20 ans. « L’Historial de la grande guerre »,en Picardie, permet à la génération Y, de mieux saisir l’expression «faire son devoir», grâce à une démarche volontairement européenne. Pour l’occasion, il invite le public à découvrir ses collections et à participer aux nombreuses manifestations organisées jusqu’en avril 2013.

affiche-historial

Faisons l’amour.

L’Historial aspire à changer les mentalités qui divisent encore la France, la Grande Bretagne et l’Allemagne, avec comme fil rouge, justement, l’idée que la guerre, qui a ravagé nos pays, nous place dans une dynamique commune, celle de la reconstruction.

Contrairement à L’Historial de Craonne qui ravive le souvenir de nos soldats français morts en martyrs, lors de la guerre des tranchées, Péronne nous rappelle la souffrance des autres bords. L’Historial de Pérrone a une vision plus globale et plus actuelle qui met en scène les différents acteurs de la grande guerre. Fédérons nous autour de ces souffrances communes plutôt que de stigmatiser nos différences en cristallisant la mémoire de la guerre sur les douleurs que nos peuples ont endurées.

L’Historial de Péronne permet de comprendre les cultures de guerre et la logique entre la souffrance et le consentement ; de réaliser en quoi la Première Guerre Mondiale, avec cette acculturation à la violence, est un évènement paradigmatique du XXème siècle.

Le devoir de mémoire revisité à Péronne.

Près de 100 ans après la Grande Guerre, l’objectif de l’Historial est de rapprocher les sociétés, à l’époque séparées par cette guerre. L’Historial de Péronne, rend un bel hommage aux soldats tombés pour la France en 14-18 grâce à un programme qui donne un souffle nouveau au devoir de mémoire.

Péronne, site historique

C’est là que L’Historial de la Grande Guerre est installé depuis 1992. En raison des affres de son passé, la Picardie fait l’objet d’un véritable tourisme de mémoire. Sa muséographie met en valeur des sociétés en guerre au travers d’approches croisées entre civils et soldats des trois nations d’origine. Quel meilleur endroit que Péronne, cette ligne de front où plus de vingt nations sont venues combattre au cours de la Première Guerre mondiale, pour implanter ce musée qui ne représente pas la guerre comme la confrontation de particularismes nationalistes, mais comme l’expression d’une souffrance européenne, d’un passé commun que l’on doit vivre et se rappeler ensemble. Péronne vise à montrer l’humanité en guerre, dans une guerre totale affectant la société dans son ensemble.

Mais au delà de son approche sociologique, Péronne éduque. Il fait descendre le public dans la tranchée, loin de l’histoire diplomatique d’autrefois, la logique rassemble et éclaire le visiteur sur les dimensions historiques, sociologiques et ethnologiques du conflit avec une scénographie innovante qui favorise la compréhension et l’émotion.

Le musée essaie de prendre à rebours les lignes de l’histoire pour nous inculquer une conscience supra nationale qui s’articule autour des relations imbriquées de l’Allemagne, la Grande Bretagne et la France.

(Pauline Benoist, article publié par toutelaculture.com, le 13/11/2013)

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