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14-18 : la «Grande Collecte» remporte un vif succès

Cérémonie du 11 novembre à Roye dans la Somme.

Les Français ont vidé leurs fonds de tiroir pour livrer leur témoignages familiaux de la Première Guerre mondiale.

Cette initiative remporte un très grand succès. Depuis le 9 novembre et jusque samedi, la «Grande Collecte» invite les particuliers détenant des documents de la guerre tels que des journaux intimes, des lettres ou encore des photographies à les transmettre à l’un des 102 centres de collecte. Elle est organisée par les Archives de France, la Bibliothèque nationale de France, la Mission du Centenaire, et Europeana, une bibliothèque numérique européenne, pour rassembler des archives de la Première Guerre mondiale. Des professionnels sont chargés d’accueillir les particuliers pour identifier les documents, les numériser et recueillir leur témoignage. Ils seront ensuite restitués au contributeur ou, si celui-ci le souhaite, confiés en don ou en dépôt à l’établissement de numérisation.

La collecte en France fait suite à celles réalisées dans 11 autres pays européens, dont l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la Belgique. Elle fait partie d’une vaste campagne de numérisation et de mise en ligne de souvenirs et témoignages de soldats et civils, organisée par Europeana à l’occasion du centenaire de la Grande Guerre. Cette base de données européennes est conçue pour s’adresser à tous les citoyens européens.

«On a été heureusement surpris», déclare Emmanuel Pénicaut, responsable du service interministériel des archives de France qui coordonne la collecte. «On mesure ainsi à quel point la mémoire s’est transmise dans les familles depuis trois générations». Environ 10.000 particuliers se sont déjà déplacés dans les points de collecte pour fournir près de 50.000 documents d’archives en plus de leurs témoignages. Par ailleurs «5 à 10% des particuliers ont fait don de leurs archives, souvent parce qu’ils n’ont personne à qui transmettre ces souvenirs familiaux», précise le responsable pour qui la collecte permet aussi de fournir un accompagnement scientifique aux personnes. «Cela lui confère une dimension enrichissante», estime Emmanuel Pénicaut.

À Strasbourg, le succès est «phénoménal»

Les contributions sont particulièrement importantes dans le quart nord-est de la France. Les archives départementales du Bas-Rhin ont été submergées par les arrivées massives de témoignages et de documents. «Nous avons reçu environ 70 personnes cette semaine ce qui nous a permis de collecter des milliers de documents, en particulier des correspondances», explique Pascale Verdier, directrice des archives départementales. Pour elle, la numérisation joue un rôle important dans le succès de la collecte car «les gens ne sont pas toujours prêts à donner leurs archives aux institutions». De son côté, Éric Syssau, responsable d’unité conservation préventive et valorisation scientifique aux archives, considère que les particuliers qui apportent leurs documents ont l’impression de contribuer à l’histoire et de perpétrer la mémoire des personnes qui ont vécu la guerre». Le plus difficile commencera après la fin de la collecte. Après les rencontres avec les particuliers vient le temps de la numérisation des archives qui se fera en deux temps. D’ici quinze jours, la numérisation des documents intéressants pour Europeana sera terminée.

La collecte peut aussi révéler des surprises. C’est le cas d’un Parisien originaire de l’Aude qui a trouvé 250 plaques stéréoscopiques au pied d’un immeuble alors qu’elles étaient promises à la décharge, a révélé L’Indépendant. Les photographies «remarquablement conservées» du front de la Grande Guerre ont été transmises aux archives de l’Aude. Elles couvrent l’ensemble de la période, de la déclaration de guerre en août 1914 jusqu’au Traité de Versailles de juin 1919. «On peut y voir des images de la mobilisation mais aussi le champ de bataille, les soldats français en train de vivre dans les tranchées, les hôpitaux improvisés dans les églises…», a rapporté une archiviste. «On y voit également les ravages de la guerre dans les villes bombardées ou encore un poste de secours allemand à Verdun et même une photographie prise d’un avion survolant les lignes ennemies allemandes». Après numérisation, elles ont été restituées à l’homme qui les avait apportées.

(article d’Anne-Claude Martin, publié dans Le Figaro.fr le 15/11/2013)

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