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Les intellectuels et la Grande Guerre

Conférence internationale.
Ghent University, 17-19 décembre 2014

L’Université de Gand annonce une conférence sur la Première Guerre mondiale, qui aura lieu du 17 au 19 décembre 2014. Cette rencontre scientifique internationale se concentrera sur le rôle de l’intellectuel pendant la Première Guerre mondiale. Elle vise à explorer les façons dont les intellectuels, actifs dans différents domaines et contextes, ont fait face au stress, au choc et aux conséquences de la Grande Guerre. L’Université de Gand sollicite des communications qui explorent la position de l’université pendant la guerre, les manières dont les universitaires et le ‘monde international des esprits’ ont traité la question de l’action et de l’engagement, et les répercussions sur les penseurs confrontés aux aspects physiques de la guerre. Dans le vaste domaine des études sur la Première Guerre mondiale, très peu de travaux ont jusqu’ici abordé le rôle de l’intellectuel. Lorsque le sujet est traité, le débat atteint rarement un niveau multidisciplinaire transnational. En réunissant des chercheurs de différents horizons académiques et nationaux, la conférence de 2014 à Gand vise à rendre justice aux multiples visages de l’intellectuel au cours de la Première Guerre mondiale et à retracer ce que le monde scientifique lui doit encore aujourd’hui. Elle à aborder les stratégies et le récit de l’Entente et des intellectuels de l’Europe centrale, aussi bien de patriotes que de collaborateurs dans des zones occupées.

La Grande Guerre a éclaté à une époque de réforme éducationnelle. Les changements démographiques et les réformes sociales du début du XXe siècle ont accéléré la démocratisation de l’éducation supérieure, qui avait commencé dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Quand les universités ont commencé à accueillir des hommes – et dans certains cas des femmes – d’origines sociales différentes, le profil de l’intellectuel a changé : du chercheur de bureau à la figure publique et l’aventurier intrépide. Il serait difficile de surestimer l’impact de la Première Guerre mondiale sur ce développement. Ceux qui n’étaient pas au champ de bataille ont dû décider comment ils allaient contribuer et réagir. Dans quelle mesure les événements ont-ils influencé les innovations dans le domaine des sciences, de la philosophie, de la littérature et de l’art ? Comment les différentes disciplines ont-elles procédé pour donner un sens aux esprits brisés, aux nombreux corps mutilés et aux morts ? Que reste-t-il aujourd’hui de leurs idées ou techniques ? Comment les intellectuels du XXIe siècle prennent-ils part à l’écriture et à la réécriture de l’histoire de 1914-1918, comment reviennent-ils sur les tentatives de nos pairs pour mobiliser leurs corps et esprits ?

La conférence souhaite en particulier poursuivre les réflexions sur quatre pistes dans quatre disciplines intellectuelles :

  • Science

Cette section se concentre sur le positionnement du monde académique et scientifique pendant la Première Guerre mondiale. Sont acceptées des contributions qui visent à trouver une réponse à la question de savoir ce que cela signifiait d’être un universitaire à l’époque, à la fois au niveau intellectuel et pratique. La conférence s’intéresse à la légitimation des progrès scientifiques et technologiques réalisés au service de l’effort de guerre. Enfin, sont également sollicitées des communications qui visent à comprendre l’impact, en termes de continuité et de discontinuité, qu’ont eues la Première Guerre mondiale et la Révolution russe sur la circulation transnationale d’idées et de biens culturels. Sont encouragées des contributions qui traitent de l’histoire de vie individuelle de scientifiques, d’ingénieurs, y compris en sciences humaines et sociales.

  • Littérature

Dans cette section, la conférence se veut d’explorer l’impact de la Grande Guerre sur la littérature du début du XXe siècle mais aussi de la littérature actuelle. Parmi les sujets possibles, on trouve entre autres : la Première Guerre mondiale comme période d’innovation littéraire ; la production et la réception de textes patriotiques et non-pacifistes ; l’image des poètes de guerre comme la « jeunesse perdue » ; le fossé des génération dans l’effort de guerre ; la production de littérature nationaliste avant, pendant et après la guerre ; la décision des écrivains de s’engager ou de commenter les événements depuis l’arrière ; l’idéal de l’héroïsme ; l’emploi de femmes dans les usines et dans d’autres domaines auparavant considérés comme masculins ; la formation de nouvelles normes sociales de masculinité et de féminité ; la poésie de guerre par des auteurs féminins et son exclusion des anthologies jusqu’après 1980 ; la nature et la campagne comme une scène de guerre et de paix ; la représentation du traumatisme pendant et après l’effort de guerre.

  • Philosophie

Toute communication traitant d’un aspect de la relation de la philosophie à la Première Guerre mondiale et la réception du conflit chez les philosophes est acceptée. Les sujets pourraient inclure le rôle de la guerre dans la pensée (et la vie) de philosophes particuliers (ex. Wittgenstein, Neurath, Carnap, Bergson, Russell, Reinach, Eucken, etc). La conférence s’intéresse en particulier à des contributions qui exploitent le rôle de la guerre dans la montée (et le déclin) de mouvements philosophiques (la philosophie analytique, la phénoménologie, Lebensphilosophie, le positivisme, le pragmatisme,…) et leur relation plus étendue à des mouvements intellectuels et politiques plus larges. Sont acceptées également des communications abordant la philosophie et la moralité de la guerre de masse et traçant les façons dont le débat actuel sur l’éthique peut-être mis en relation avec 1914-1918, l’utilisation d’armes, la philosophie de l’histoire et, s’il y en a, les responsabilités sociales d’intellectuels.

  • Artistes et architectes

Sont accueillies des contributions portant sur les sujets suivants : la Grande Guerre comme motif artistique ; la guerre comme catalyseur du développement de nouveaux mouvements artistiques ainsi que de l’émergence d’un nouveau type d’artiste qui doit faire face à la modernité industrielle ; l’utilisation de supports visuels dans l’effort de guerre ; la relation entre les arts et les nouvelles pratiques visuelles liées à la guerre (telles que la photographie aérienne ou les techniques de camouflage) ; la guerre industrielle comme un « Gesamtkunstwerk » nihiliste par rapport aux courants avant-gardistes tels que le Futurisme et Dada ; le développement de nouveaux contacts internationaux et de nouvelles formes de collaboration entre les artistes dans les cercles pacifistes en exil ; les conférences d’architecture et l’éduction des architectes à l’étranger ; le retour des exilés ; la confrontation des idées locales et internationales sur la reconstruction du pays, etc.

Vos propositions de communications de 20 minutes sont à envoyer à  intellectualsandthegreatwar@gmail.com avant le 1er février 2014. Elles doivent consister d’un résumé d’une page, accompagné d’une courte notice biographique. En cas de panels complets, les propositions doivent contenir un résumé et une notice biographique de chacun des participants ainsi que d’une courte notice biographique du modérateur (le cas échéant).

La conférence aura lieu du 17 au 19 décembre 2014 au Pand, Onderbergen 1, 9000 Gent, Belgique. Les contributions en anglais, français, allemand et néerlandais sont acceptées.

http://www.intellectualsandthegreatwar.ugent.be/

Keynote speakers :

Christophe Prochasson et Anne Rasmussen (EHESS) auteurs de Au nom de la patrie. Les intellectuels et la Première Guerre mondiale (1910-1919).

Santanu Das, chargé de cours principal à l’Université de Londres, auteur de Touch and intimacy in First World War literature et Race, Empire and First World War Writing.

Roy MacLeod, Professeur émérite d’Histoire (moderne) à l’Université de Sydney, et Associé honoraire dans l’Histoire et Philosophie de la Science.  Auteur de ‘The Scientists Go to War: Revisiting Precept and Practice, 1914-1919’, Journal of War and Culture Studies, 2 (1), (2009), 37-51, et ‘Science and Scientists,’ Jay Winter (ed.) Cambridge History of the First World War Cambridge: Cambridge University Press, 2014), vol. 5, 434-459, 704-708.

Annette Becker, professeur à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense et membre senior de l’Institut universitaire de France. Elle est co-auteur, avec Stéphane Audoin-Rouzeau, de 1914-1918, Retrouver la guerre (Gallimard, 2000).

Sophie De Schaepdrijver, Pennsylvania State University, auteur de De Groote Oorlog – Het Koninkrijk België tijdens de Eerste Wereldoorlog (1997).

Nous inviterons des chercheurs, des écrivains et des artistes de zones de guerre actuelles à une lecture et un débat publics en soirée en collaboration avec Vooruit.

(article d’Alexandre Gefen, publié dans fabula.org le 19/11/2013)

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2 réflexions sur “Les intellectuels et la Grande Guerre

  1. Pingback: Les intellectuels et la Grande Guerre | Autour ...

  2. Bonjour,

    J’ai lu avec un grand intérêt ce message. Il vise en priorité les universités mais il me semble que le thème étant assez large on pourrait y faire une communication sur M. Genevoix au nom du site.

    Qu’en pensez-vous ? On pourrait leur poser la question pour savoir s’ils acceptent les communications d’associations.

    Cordialement,

    Dominique Pipard-Thavez

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